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25/09/2020
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Récapitulatif de la journée du 24 septembre 2020


UNE ÉQUATION BIEN DIFFICILE A RÉSOUDRE

Dans la lignée des dernières décisions prises par le Royaume-Uni, les dirigeants français font face ces derniers jours à une équation bien difficile à résoudre : juguler la reprise épidémique sans menacer pour autant la reprise économique. A l’évidence, les restrictions estivales (port du masque, prévention accrue sur les gestes barrières) ne suffisent plus, compte tenu de l’accélération récente des hospitalisations et des décès.

Il convient toutefois de nuancer le propos : la situation actuelle, bien que préoccupante, reste loin des standards qui prévalaient début mars et qui avaient engendré le recours au confinement en urgence. La stratégie déployée cette semaine par le gouvernement français vise à éviter à tout prix le recours à des confinements localisés comme cela a pu être mis en place à Madrid. Ainsi, les décideurs ont donc dû se résoudre à réduire les activités de secteurs qui étaient déjà les grands perdants de cette crise (évènementiel, tourisme et loisir). Quel impact pouvons-nous attendre sur la reprise économique ? La question est de nouveau sur toutes les lèvres. Cela reste au global très mesuré et touche davantage les acteurs qui étaient déjà impactés par cette crise. Comme les dernières séances boursières l’ont montré, les investisseurs s’évertuent de nouveau à faire le tri entre les gagnants et les perdants de cette période historique… et semblent en ce sens privilégier un peu plus les sociétés bénéficiant de taux de croissance réguliers, à la faveur d’un modèle pérenne.

Comme les indicateurs PMI du mois de septembre l’ont une nouvelle fois démontré, l’industrie française profite davantage du rebond de l’activité que le secteur des services. Le tourisme, notamment français, souffre d’avoir été placé en zone rouge par de nombreux pays. A contrario, l’industrie souffre nettement moins des contraintes sanitaires et bénéficie en ce sens de la reprise des échanges commerciaux… L’Allemagne profite ainsi à plein régime du retour des commandes, domestiques comme étrangères… Mais aussi de l’ampleur sans commune mesure de son plan de relance.

LA SCÈNE POLITIQUE AMÉRICAINE SE FISSURE

Si la Chambre des Représentants a été bien inspirée de parvenir à un accord rapide permettant d’éviter le « shutdown », le contexte politique n’en reste pas moins tendu de l’autre côté de l’Atlantique. Bien sûr, les Démocrates ont obtenu 8 milliards de dollars de financement pour des programmes de lutte contre la paupérisation de la population, quand les Républicains peuvent eux se satisfaire de l’obtention d’aides pour les agriculteurs. Ceci ne peut en revanche occulter que l’accord sur un nouveau plan de relance se fait toujours attendre… Alors même que de nombreuses mesures d’urgence seront bientôt à l’arrêt… Notamment les si cruciales aides aux ménages. Plusieurs membres de la Fed n’ont pas manqué de rappeler la nécessité de prolonger ces aides, ainsi que celles bénéficiant aux entreprises. Pour ne rien arranger, l’inénarrable Donald Trump a refusé cette semaine de s’engager… à transmettre pacifiquement le pouvoir à Joe Biden s’il n’était pas réélu, s’en remettant dans ce scénario à la Cour suprême ! Rappelons à ce sujet que la bataille autour de la succession de la juge Ruth Bader Ginstburg fait aujourd’hui rage, puisque le locataire de la Maison Blanche cherche par tous les moyens à parvenir à une nomination rapide pour parvenir à une large majorité conservatrice susceptible de trancher en sa faveur. Le décompte des votes par correspondance n’a assurément pas fini de faire parler… Un contexte explosif, qui divise au sein même du parti républicain et qui ne favorise évidemment pas les discussions autour du plan de relance.

DES DYNAMIQUES BIEN DISTINCTES SUR LES PLANS RELANCE

S’il est incontestable qu’aucun pays au monde n’a été épargné par la crise actuelle, il semble tout de même que certains sont mieux (ou moins mal) lotis que d’autres… Dans son 6ème rapport sur « Le Covid et le monde du travail », l’Organisation Internationale du Travail estime que les pertes de revenus engendrées par la crise sanitaire ont plus fortement impacté les pays à revenu intermédiaire inférieur que les pays développés. Le total des revenus du travail sur les 3 premiers trimestres 2020 aurait ainsi baissé de 10,7% par rapport à 2019, soit 3 500 milliards de dollars. Cette baisse atteint 15,1% dans les pays les plus impactés. L’institution établit une corrélation entre la baisse des heures travaillées et les plans de relances budgétaires instaurés : les pays dans lesquels les plans ont été les plus importants ont été plus épargnés par les pertes en heures travaillées.

LE POINT COVID-19

Le Coronavirus continue sa progression à des rythmes différents selon les pays : l’Organisation Mondiale de la Santé a constaté une nouvelle hausse des contaminations aux Etats-Unis (6,8 millions de contaminés depuis le début de la crise, près de 200 000 décès) tandis que l’Inde (5,7 millions de contaminés, 91 000 décès) voit sa tendance commencer à décroître progressivement. L’Europe est également concernée par une recrudescence du virus, notamment au Royaume-Uni, en République Tchèque, en Pologne et en Russie. L’Espagne inquiète également, le pays n’ayant pas publié de statistiques depuis 4 jours maintenant. Au total, ce sont 32 millions de personnes qui ont été contaminées dans le monde depuis le début de la pandémie, et 977 600 qui sont décédées de suites du Covid-19.