Witam M l'inFO - L'actualité hebdomadaire en 1 clic

02/10/2020
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Récapitulatif de la journée du 01 octobre 2020


LE PIRE DÉBAT DE L'HISTOIRE ?

Les adeptes de débats politiques de fond se sont sans nul doute réveillés avec une douloureuse migraine mercredi matin ! Un seul constat fait l’unanimité en ce milieu de semaine : les candidats à la Maison Blanche ont offert aux observateurs le pire débat de l’histoire. 83% des sondés ont ainsi jugé le ton du débat négatif, et près de 70% ont indiqué avoir été « agacés » par la tournure des échanges ! L’agressivité de Donald Trump couplée aux hésitations régulières de Joe Biden ne redorent pas le blason de la scène politique américaine. Plus à l’aise à mesure que le temps défilait, Joe Biden ressort, tout de même, comme le gagnant de ce combat de coqs et fait donc désormais office de grandissime favori chez les bookmakers

Des pronostics marqués qui ont été dans un premier temps froidement accueilli par les opérateurs, tant ceux-ci craignent une des mesures phares du candidat démocrate. Celui-ci a en effet réaffirmé avec force sa volonté de revenir sur les baisses d’impôts dont ont bénéficié les ménages les plus fortunés et les entreprises. Rappelons toutefois que l’incertitude reste forte :  les deux candidats restent au coude à coude dans nombre d’Etats clés… et les écarts restent également minimes dans les anticipations liées au Congrès. Une cohabitation réduirait sensiblement la marge de manœuvre budgétaire du vainqueur… Seule certitude : la volonté d’apaiser les tensions internationales, de nouveau revendiquée par Joe Biden, doit aider les dirigeants européens ou chinois à soutenir un camp plutôt que l’autre !

LE PLAN DE RELANCE US EN SALLE D'ATTENTE

Les nouvelles ne furent pas toutes mauvaises cette semaine du côté de la scène politique américaine… et les investisseurs ont été aidés dans leur difficile digestion du débat par les messages de rapprochement entre démocrates et républicains ! La probabilité d’un accord d’aide pour les ménages américains remonte en flèche. Les derniers chiffres de l’emploi ont de nouveau souligné la nécessité de soutenir la reprise américaine. Le dernier rapport ADP sur l’emploi américain indique ainsi que seuls 9,3 des 19,7 millions d’emplois détruits dans le secteur privé depuis la crise ont été recréés ! La finalisation d’un compromis budgétaire bipartisan apparait chaque jour un peu plus urgente… d’autant que la demande domestique constitue toujours le moteur principal de croissance du pays. Les démocrates ont opéré un premier pas vers les républicains en acceptant l’idée d’une réduction de l’enveloppe globale, eux qui militaient initialement pour un plan de 2 200 milliards de dollars. Le soutien de Donald Trump, par la voix de Steven Mnuchin, a clairement rassuré les observateurs, bien que nombre d’élus républicains du Congrès campent sur leur position initiale de limiter le plan à 1 500 milliards de dollars. Un accord reste possible, tant il est vrai qu’aucun camp ne tient à assumer l’échec des négociations dans un contexte aussi explosif… Le maintien du PIB américain en territoire positif au 4ème trimestre en dépend !

"TECHS" EUROPÉENNES : LE CHALLENGE IMPOSSIBLE ?

S’il est incontestable que la crise traversée en 2020 a mis à mal bon nombre d’entreprises, celles du secteur des nouvelles technologies en sont sorties grandement gagnantes… Une victoire malheureusement très concentrée géographiquement ! Ce sont principalement des entreprises américaines, GAFAM en tête (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), qui ont vu leur cours de bourse s’envoler tout au long de l’année. L’Europe, qui a toujours su faire preuve d’innovation dans l’histoire, reste aujourd’hui très peu représentée dans les indices technologiques mondiaux…composés à plus de 85% d’actions américaines.

Erik Nielsen, Chef Economiste chez Unicredit estime que cette situation est aussi bien due à l’opportunisme américain qu’à un manque de vision sur le Vieux Continent. Les politiques d’austérité de 2008 ont selon lui favorisé les flux de capitaux vers les marchés américains, permettant aux entreprises d’accélérer leur développement. Les lacunes des systèmes d’éducation et de capital-investissement sont également pointées du doigt par l’économiste, qui dresse un constat sans appel. Sur 491 « licornes » (entreprises du secteur technologique valorisées plus d’un milliard de dollars), 235 sont américaines et seulement 28 sont domiciliées dans la zone euro… Pour les plus optimistes, Erik Nielsen suggère dans son rapport (en anglais) certaines pistes qui permettraient de rattraper le retard… L’espoir fait vivre !

QUAND LA BCE S'INSPIRE DE LA FED

Depuis le début de la crise sanitaire et ses impacts sur les finances étatiques, les discours des banquiers centraux sont surveillés comme le lait sur le feu par les observateurs. Le dernier discours de Christine Lagarde n’a pas dérogé à la règle… A l’occasion de la conférence des « ECB Watchers », la présidente de la Banque Centrale Européenne, qui fêtait aussi le premier anniversaire de son arrivée à ce poste, a précisé les orientations stratégiques à venir. A l’instar de son homologue américaine, l’institution européenne s’apprête à faire preuve d’une certaine souplesse quant à ses cibles d’inflations, voire à remonter ses objectifs. L’intégration de la composante « immobilier » dans le calcul de l’inflation est également envisagée, alors que la méthodologie actuelle ne l’intègre que de façon marginale.

Entre les lignes, il apparait que les mesures dites « non conventionnelles » sont là pour durer. Christine Lagarde les qualifiant même de « normales ». Un discours que nous pouvons donc dire de très accommodant… Mais qui rencontre, comme souvent sur le Vieux Continent, ses opposants. Le président de la Bundesbank Jens Weidmann, partisan de l’orthodoxie monétaire, s’est lui inquiété de voire la banque centrale se montrer trop ambitieuse à l’avenir. Malgré ces vents contraires qui rappellent les négociations sur le plan de relance européen, le contexte historique lié à la crise sanitaire devrait amener la BCE à intensifier son soutien monétaire aux finances étatiques ces prochains mois.