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15/10/2020
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Récapitulatif de la journée du 15 octobre 2020

LE CASSE-TÊTE DU SIÈCLE

Re-confinement partiel de 4 semaines aux Pays-Bas, négociations en Allemagne visant à durcir les restrictions… La semaine qui se termine est venue confirmer la dynamique que nous évoquions la semaine passée. Le Vieux Continent et ses dirigeants sont sur le pied de guerre pour contenir la seconde vague de Coronavirus. Face au retour du risque de saturation des hôpitaux, la France a suivi la tendance et mis en place à partir de vendredi une mesure de couvre-feu dans les agglomérations les plus touchées. Comme l’indicateur de confiance ZEW a pu en témoigner en Allemagne, ces différentes mesures ne seront pas sans impact sur la confiance des agents économiques. Les économistes les plus optimistes, qui considéraient l’épargne constituée pendant le confinement comme soutien de la relance économique à court terme sont clairement en train de revoir leur copie… Pour autant, la stratégie des différents gouvernements a considérablement évolué depuis le printemps : les annonces confirment la volonté de préserver autant que faire se peut les enjeux économiques, avec les risques politiques et sociaux que cela implique. Entre les lignes, les observateurs comprennent que l’objectif central reste d’éviter un re-confinement généralisé.

Pendant que les acteurs du digital se frottent les mains, les mêmes secteurs restent les plus grandes victimes collatérales de la crise sanitaire. Le cas français (et ses 9% du PIB habituellement constitués par l’hôtellerie, la restauration, les activités culturelles et les loisirs) reflète à merveille la difficulté de la tâche des gouvernants. Enrayer la spirale épidémique tout en préservant l’activité économique s’apparente désormais au casse-tête du siècle. 

LA PERFIDE ALBION ET L’UNION EUROPÉENNE À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS

Peu avare en virages à 180°, Boris Johnson s’est de nouveau inspiré du style pourtant inimitable du locataire de la Maison Blanche. En revenant sur sa date butoir qu’il avait unilatéralement fixé à aujourd’hui, le Premier ministre tente d’amadouer ceux qu’il a froissé il y a quelques semaines de cela. Les discussions pour parvenir, enfin, à un accord sur le Brexit pourraient donc se poursuivre encore un mois. Nul doute que le sommet européen, qui se termine demain, devrait permettre d’y voir plus clair sur cet épineux sujet et sur les différentes négociations sectorielles qui s’annoncent. Les dirigeants européens ne manquent décidemment pas cette année de cailloux à retirer de leur ssouliers ! Si le risque d’une rupture des négociations s’éloigne (ce qui a soutenu à court terme l’orientation de la Livre sterling), Ursula Von Der Leyen continue d’afficher une posture dure et réclame des contreparties fortes aux concessions exigées par le Royaume-Uni. Ainsi, les tensions restent nombreuses autour du projet de loi sur le marché intérieur britannique. Même les observateurs les plus optimistes ne semblent plus croire à un accord de libre-échange avec l’Union Européenne. 

Pendant ce temps, la situation de l’emploi continue de se dégrader au Royaume-Uni. Le nombre de personnes employées a ainsi chuté de plus de 673 000 personnes depuis le mois de mars. La fin des mesures de soutien contribue à l’évidence à l’accélération du phénomène puisque 330 000 personnes ont été licenciées sur les 3 derniers mois. Dans un contexte aussi défavorable, le manque de visibilité sur le Brexit complique sans nul doute la tâche de la Banque centrale d’Angleterre, qui a dans ses dernières communications assoupli son discours quant à la possible mise en place de taux directeurs négatifs. La ratification d’accords sectoriels évoqués précédemment doit être ardemment souhaitée par les décideurs de la banque centrale de la perfide Albion…

QUAND REPRISE ÉCONOMIQUE ET SOUTIEN MONÉTAIRE VONT DE PAIR

Les adeptes de l’optimisme doivent clairement tourner leur attention vers l’Empire du Milieu ! Les données macro-économiques chinoises de la semaine sont tout simplement bluffantes… Le rebond des importations est ainsi venu confirmer la vigueur retrouvée de la demande intérieure que nous évoquions déjà dans nos précédentes communications. Ces mêmes importations affichent ainsi un spectaculaire rebond de 13.2% sur un an en septembre ! Indicateur très suivi en terme de production industrielle, les importations de cuivre et de fer affichent quant à elles des hausses annuelles respectives de 74.1% et 17.1% ! Plus surprenant encore, les exportations accélèrent elles aussi nettement, en dépit d’une conjoncture mondiale déprimée. Elles enregistrent ainsi une hausse de 9.9% sur un an… particulièrement soutenues par les USA (+20.5%) et la zone ASEAN (+14.4%). Une dynamique, époustouflante, qui profite aussi bien au secteur des circuits électroniques intégrés (+17.6% sur la même période) qu’aux équipements pour la maison (+30.6% !).

Pendant ce temps, la demande va continuer de bénéficier du soutien massif des conditions de financement. Sur le mois de septembre, les nouveaux crédits bancaires chinois atteignent ainsi près de 2 000 milliards de Yuans (260 milliards d’euros). Les entreprises bénéficient à plein régime de cet environnement monétaire favorable. Récemment, le Premier ministre chinois appelait de nouveau les gouvernements locaux à renforcer leurs politiques de soutien… Tout va pour le mieux dans l’Empire du Milieu !

LE POINT COVID-19

Le durcissement des règles sanitaires évoqué ci-dessus et qui touche aussi bien l’Irlande du Nord que la Catalogne, les Pays-Bas ou encore la France s’applique à différentes échelles. Là où certaines zones se contentent d’appliquer des fermetures de bars et restaurants, d’autres appliquent des quarantaines à l’échelle de villes entières. En France, ce sont près de 20 millions de personnes qui seront concernées à partir de samedi par l’instauration du couvre-feu à 21h. Aux Etats-Unis (7,9 millions de cas) les nouvelles contaminations sont reparties à la hausse ces dernières semaines, tandis que la situation semble se stabiliser en Inde (7,3 millions de cas) et au Brésil (5,1 millions de cas). Les derniers chiffres indiquent un total de 38,5 millions de cas confirmés dans le monde depuis le début de l’épidémie, dont 1 093 000 décès et 26 720 000 guérisons.