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11/12/2020
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Récapitulatif de la journée du 10 décembre 2020

LE MUR DE LA DETTE...DÉCONSTRUIT PIERRE PAR PIERRE ?

Au cours de cette année civile ô combien singulière, nombreuses furent les occasions de souligner l’impact positif et nécessaire des plans de soutien (monétaires comme budgétaires) pour assurer la soutenabilité de nos économies. L’observateur avisé sait aussi que les mesures budgétaires ont occasionné une explosion des dettes publiques qui, soyons honnêtes, n’étaient déjà pas sur une trajectoire très favorable ces dernières années. Dès lors, il n’en fallait pas moins pour que certains éditoriaux avides de titres choc s’inquiètent de l’explosion des ratios d’endettements des pays occidentaux, remontés en une seule année de près de 20%... La dette publique française atteindra par exemple rapidement 120% de son PIB ! Doit-on, derrière ces chiffres stratosphériques qu’aucun agent économique classique ne pourrait supporter, déceler les signes de lendemains qui déchantent ?

Les historiens des marchés financiers mentionneront que ces débats ne sont pas nouveaux, et monopolisaient déjà les gros titres après l’explosion de dette suite à la crise de 2008. Rappelons aussi que le niveau des impôts et autres prélèvements sociaux ne laisse que peu de marge de manœuvre aux ministres des finances, dans l’Hexagone comme ailleurs. La question de l’annulation de la dette d’un coup de baguette magique, bien que plaisante pour certains courants de pensée économique, relève à ce stade d’un opportunisme politique. Si le retour d’une inflation contrôlée pourrait contribuer à réduiremécaniquement le niveau de la dette, la posture politique continue de défendre majoritairement l’idée d’un remboursement futur et donc « d’efforts à réaliser » en ce sens. Une posture qui tie
nt chaque jour un peu plus du  discours de façade.

La clé du futur est bien sûr ailleurs et se trouve dans la crédibilité du principal acheteur de dette publique : les sacrosaintes banques centrales qui par leurs actions dévorent le stock de dettes publiques qui gonflent donc leur bilan (la BCE détient indirectement via la Banque de France près de 20% de la dette française, et son bilan pèse 50% du PIB de l’Euroland !). "Une banque centrale crédible, rien d’impossible" serait-on tenté de dire à l’heure de résumer ce nouveau paradigme financier. Le pays du Soleil Levant et ses 250% d’endettement par rapport à son PIB ne le démentirait surement pas !

QUEL IMPACT SUR LES INVESTISSEMENTS ?

Les impacts du constat posé en préambule sont nombreux, mais pas forcement tous intuitifs pour autant ! D’un côté, la nécessité pour les banques centrales de maintenir les taux au plancher (car aucune économie ne pourrait supporter une remontée) complique la recherche de rendement.

Longtemps, les dettes publiques constituaient le portefeuille de nombreux investisseurs institutionnels. La disparition du rendement les détournent de ces dettes. Le contexte actuel devrait une nouvelle fois nourrir l’attractivité des actifs de qualité, reposant sur une véritable valeur de l’immobilier de qualité jusqu’aux titres de sociétés riches de leur capacité à créer de la valeur sur la durée.

Explosion des dettes publiques ne rime pas nécessairement avec risque sur les actifs financiers au sens large, bien au contraire. Toute cette création monétaire ne se fera évidemment pas sans conséquences, et il serait naïf de croire que les planches à billets tournent pour indemniser les agents économiques proportionnellement aux préjudices engendrés par le Covid-19... A terme, cet argent « créé » finit sur les marchés financiers (notamment celui de la dette publique) et nourrit par extension tout actif tangible, et notamment les actifs création de la valeur ajoutée. Une bonne nouvelle pour les marchés actions et les « stock pickeurs » !

LA BCE DE NOUVEAU EN SOUTIEN !

La réunion du Conseil des Gouverneurs de la Banque centrale européenne de ce jour a donné lieu à un discours volontariste de la part de l’institution. Les représentants ont déjà préparé le terrain à une révision baissière des prévisions macroéconomiques ces derniers jours, histoire d’envoyer le message sibyllin aux investisseurs que la BCE s'apprêtait à agir. La seconde vague épidémique a menacé les perspectives de court terme. Au-delà des mesures annoncées comme l’augmentation de 500 milliards d’euros de son programme d’urgence et de sa durée, nombre de solutions restent selon les observateurs à venir dans les prochains mois. Toujours plus d’achat de dettes souveraines, accompagnement pour juguler l’explosion des déficits budgétaires... Qu’on se le dise, la Banque Centrale de l’Euroland devrait rester encore longtemps aux manettes ! 

LES GRAPHIQUES DE LA SEMAINE

Les taux français aux plus bas...depuis longtemps ! 

Une dynamique commune à toutes les économies

Sources : WiseAM, Capital, Les Echos, Europe1, RTL, LCI, BCE, Wikipedia, FranceInfo, Le Figaro, Ouest France