Witam M l'inFO - L'actualité hebdomadaire en 1 clic

08/01/2021
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Récapitulatif de la journée du 07 janvier 2021

 

UN PAS DE PLUS VERS LE BURLESQUE POUR COMMENCER 2021 !

De ses milliers de tweets par an aux innombrables virages à 180° sur les sujets d’envergure, il est peu de dire que Donald Trump aura, au cours de son mandat si agité, totalement bousculé les codes de la fonction présidentielle. Quid de la maîtrise de soi et de la communication savamment préparée que requièrent la fonction ? Aux oubliettes !  Place fut faite aux envolées polémiques et autres diatribes contre le reste du monde.

Après ces quatre années mémorables, l’inénarrable Donald Trump pouvait-il encore nous surprendre ? Capitole pris d’assaut, coups de feu, et scènes insurrectionnelles… A l’évidence, la réponse est indirectement positive (il n’a pas sauté les barrières lui-même) puisque sa fin de mandat s’annonce déjà comme une des plus chaotiques que les Etats-Unis aient connu. Pendant que les partisans les plus extrêmes du futur ex-locataire de la Maison Blanche s’affairaient donc à s’introduire dans une réunion du Congrès en tenue de carnaval, le Dow Jones finissait sur un plus haut historique dans une indifférence ô combien symbolique à ces événements. Après avoir nourri la volatilité pendant de longs mois à coup de tweets incendiaires évoqués en préambule, le Président polémiste ne suscite plus que l’indifférence de Wall Street. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’actualité politique était ailleurs pour les investisseurs…

QUAND LA GÉORGIE SUPPLANTE WASHINGTON COMME ÉPICENTRE POLITIQUE

Les regards des observateurs étaient ces derniers jours davantage tournés vers la Géorgie que vers les regrettables événements du Capitole. Deux des 100 sièges du Sénat américain restaient encore à attribuer à la faveur du 2ème tour de l’élection sénatoriale géorgienne. Les deux candidats démocrates que sont Raphael Warnock et Jon Ossof semblent avoir emporté la victoire, malgré un décompte si serré qu’il pourrait de nouveau donné lieu à des contestations. La conséquence de ce scrutin local est majeur au niveau national : Joe Biden et Kamala Harris vont probablement disposer de la majorité au Sénat, après avoir déjà acquis la Chambre des Représentants en novembre.

La nouvelle équipe présidentielle dispose-t-elle d'une marge de manœuvre totale ? Pas nécessairement puisque des divisions persistent entre l’aile gauche du parti et les centristes. Surtout, la courte majorité au Sénat place les démocrates sous le joug de la règle du « filibuster » qui permet de stopper les projets de loi disposant de moins de 60 voix du Sénat. Notons toutefois que les lois de réconciliation budgétaires concernant les dépenses, les recettes et le plafond de la dette fédérale ne sont pas concernées par cette règle d’obstruction parlementaire. La marge de manœuvre de l’équipe présidentielle n’est donc pas menacée concernant les mesures de soutien et de relance budgétaire. Un moindre mal compte tenu du contexte économique. Législation du travail, hausse du salaire minimum,… différents pans du programme de Joe Biden s’annoncent en revanche bien plus compliqués à ratifier.

QUEL IMPACT SUR LES MARCHÉS FINANCIERS ?

Autres temps, autres mœurs ! Les investisseurs ont longtemps privilégié les républicains considérés comme davantage « pro-business ». La vague bleue qui se dessine au Congrès semble pourtant satisfaire les investisseurs, alors que les plans de soutien et de relance constituent un facteur de soutien non négligeables aux différents actifs financiers de l’Oncle Sam. Les résultats en Géorgie ont donc été salués par les opérateurs… Les anticipations de relance qui stimuleraient fortement la croissance et l’inflation ont bénéficié aux taux souverains également. Surtout, les investisseurs ont massivement acheté les secteurs liés à la relance budgétaire américaine comme les matières premières ou le secteur de la construction. La remontée des taux a également bénéficié à l’orientation du secteur financier. En revanche, la nouvelle a engendré une sous-performance du secteur technologique. Il n’en fallait pas moins pour que les éditoriaux financiers ne l’expliquent par une crainte de régulation sur le secteur. Les investisseurs étaient probablement en quête d’un prétexte à quelques prises de bénéfices sur un segment qui a largement surperformé ces derniers mois. Il parait tout de même risqué de croire à une régulation massive des poids lourds du secteur, notamment dans un contexte de guerre technologique avec la Chine… A suivre !

PENDANT CE TEMPS SUR LE VIEUX CONTINENT...

La Banque Centrale Européenne a publié une étude plus que révélatrice de la dynamique à l’œuvre sur le marché du travail en Europe. Dans les principales régions de France, de Belgique ou du Luxembourg, la part des salariés occupant des postes éligibles au télétravail dépasse les 50% ! A contrario, elle n’est que de 20% dans certaines régions d’Espagne, de Grèce ou de Roumanie. Des disparités qui justifient les difficultés rencontrés dans certains Etats pour déployer le télétravail en réponse à la crise sanitaire. Alors que le chômage partiel a touché 32 millions de travailleurs en avril, 8 millions de salariés restaient encore inactifs en octobre 2020 ! Les occasions furent nombreuses ces derniers mois de rappeler que l’enjeu du « monde d’après » sera la préservation de l’emploi : sa chute n’a été que différée, et la hausse du taux de chômage s’annonce compliquée à enrayer. Selon cette même étude, la durée de la crise déterminera la quantité de main d’œuvre à réallouer. La crise sanitaire et économique a, par bien des aspects, contribué à accélérer les tendances sous-jacentes déjà à l’œuvre dans le monde pré-Covid-19. L’accélération de la numérisation pourrait provoquer les mêmes effets que la précédente crise, à savoir une augmentation de la durée moyenne du chômage et surtout un chômage structurel plus élevé… Les banques centrales ne s’y sont pas trompées puisque qu’elles ont toutes lié l’évolution de leur politique future au comportement du marché du travail.