Witam M l'inFO - L'actualité hebdomadaire en 1 clic

08/04/2021
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Récapitulatif de la journée du 08 avril 2021

 

FINANCER LA RELANCE... VIA L'IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS ?

La secrétaire au Trésor américain a lancé un pavé dans la marre cette semaine ! En proposant d’établir un taux d’imposition minimum à l’échelle mondiale pour les grandes multinationales, l’ancienne présidente de la Fed, Janet Yellen, milite de facto pour un bouleversement de l’échiquier fiscal mondial. Cette nouvelle règle supprimerait en effet le principe de « dumping fiscal » (mis en place par les pays) ainsi que les mécanismes d’évasion fiscale (mis en place par les entreprises). Le nouveau système modulerait ainsi l’impôt des sociétés en fonction des bénéfices engendrés dans chaque pays… Une perspective qui devrait donc déchaîner les passions lors du G20 qui réunira les ministres des finances et autres banquiers centraux cette semaine. Dans le détail, un taux minimum d’imposition de 12.5% à 21% pourrait être mis en place au niveau mondial. Comme le cas de l’Irlande avec Apple nous le rappelait encore il y a peu (l’Irlande avait pris le parti de défendre Apple contre l’UE !), les pays se livrent à une compétition fiscale exacerbée (parfois au sein de la même zone monétaire) en appliquant des taux d’imposition toujours plus bas pour gonfler leur attractivité. La France, pas la plus attirante en termes de fiscalité, a évidemment salué cette initiative… et a même insisté sur la nécessité de taxer les services numériques. Nul doute que Janet Yellen s’est déjà trouvé un nouvel allié dans cette croisade fiscale ! Plus globalement, les discussions s’annoncent tendues alors que les divergences d’imposition restent très importantes entre les pays membres… Obtenir un consensus ne s’annonce donc pas aisé, malgré le soutien affirmé d’institutions comme le FMI, l’OCDE et la Commission Européenne.

LA MUTATION PROGRESSIVE DES MARCHÉS ÉMERGENTS

Comme nous avons pu l’évoquer lors de nos précédentes communications, la Chine et l’Asie prennent une place toujours plus importante sur l’échiquier économique mondial. Inéluctablement, ce constat se retrouve donc dans la composition des indices actions des marchés émergents… et traduit également le bouleversement sectoriel que nos économies traversent. Ainsi, la montée en puissance de l’Empire du Milieu est évidemment nourrie par l’essor des nouvelles technologies. La Chine et plus généralement l’Asie pèsent ainsi près de 80% des indices actions émergents. Les anciens mastodontes sont depuis réduits aux rangs de faire valoir : le poids de secteurs autrefois prépondérants comme l’énergie et les matières premières pénalisent avant tout les pays exportateurs comme le Brésil, la Russie ou le Mexique. Ainsi, le poids cumulé des secteurs de l’énergie et des matériaux a été divisé par 2 sur les 15 dernières années ! Exit les Petrobas et autre Lukoil, place aux « BATTS » ! (Baidu, Alibaba, Tencent, TSMC, Samsung).

LA MISE À JOUR DU FMI 

Toujours très attendues par les observateurs, les projections mondiales du FMI ont été publiées cette semaine. Sans surprise, l’heure est à l’optimisme ! L’Institution a ainsi révisé ses prévisions à la hausse quant à la croissance mondiale (+6% pour l’année 2021, +4,4% pour 2022). La bonne avancée de la campagne de vaccination, notamment outre Atlantique, a clairement justifié cette révision… de même que les nouvelles mesures de soutien budgétaire annoncées (en particulier aux Etats-Unis). Il est donc tout sauf surprenant que les USA bénéficient de la plus forte révision(+6.4% en 2021 contre +5.1% estimé en janvier). Pendant ce temps, les minutes de la Fed sont venues nous rappeler une fois encore que la Banque Centrale resterait patiente ! Croissance et afflux de liquidité… ou le cocktail préféré de l’investisseur ! Dans le reste du monde, d’autres zones continuent de subir les effets du retard de leurs campagnes de vaccination respectives. Ainsi, la révision apparaît bien moins favorable à la zone Euro : le FMI n’a relevé ses prévisions de croissance en 2021 que de 4.2% à 4.4%.

LES ACTEURS FRANÇAIS DU TRANSPORT SE METTENT AU VERT

Alors que la reprise économique tarde à se matérialiser pour les entreprises de transport françaises, celles-ci se préparent tout de même à relever les défis à venir. Déjà évoqué dans cette newsletter, le sujet de la transition énergétique fait désormais partie intégrante des stratégies de la SNCF avec des trains à hydrogène (pour remplacer notamment les motrices diesel sur les lignes non électrifiées) ainsi que du groupe Total qui se penche sur les biocarburants durables pour l’aviation. Deux exemples qui montrent le potentiel important de ce virage écologique sur l’activité économique !