Witam M l'inFO - L'actualité hebdomadaire en 1 clic

29/07/2021
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Récapitulatif de la journée du 29 juillet 2021

 

GOD BLESS… THE EARNINGS SEASON!

Tout juste publié à l’heure où nous écrivons ces lignes, le PIB du deuxième trimestre annonce ce que la saison des résultats d’entreprises traduit déjà : les Etats-Unis profitent d’une reprise d’activité pour le moins vigoureuse ! A la faveur d’une réouverture de l’économie et d’un soutien budgétaire massif déployé au printemps, l’économie de l’Oncle Sam surfe sur la vague d’une consommation retrouvée, et affiche ainsi un taux de croissance du PIB de 6,5%. Bien que légèrement en dessous des attentes, ce chiffre permet à l’économie du pays de retrouver ses niveaux d’avant-crise. Comme nous avons pu l’évoquer par le passé, les revenus des Américains furent préservés au travers de la crise. Le seul bémol se trouve dans le ralentissement de la campagne vaccinale… Les Etats-Unis ayant vu leur avance sur l’Europe fondre comme neige au soleil. Il est donc attendu que les autorités mettent rapidement en place de nouvelles mesures sanitaires afin d’accélérer la vaccination et éviter par la même occasion la perspective de nouveaux confinements. Il se murmure même dans les milieux autorisés que Joe Biden serait sur le point d’annoncer sa propre version du pass sanitaire… Pour autant, il apparaît aujourd’hui bien peu probable que l’épidémie ne freine le rythme de la reprise américaine, qui devrait bientôt profiter de nouvelles mesures de relances. L’accord bipartisan (pour un montant de 1 200 milliards de dollars) regagne en probabilité, puisque 17 sénateurs républicains ont soutenu les 50 sénateurs démocrates ! Les débats peuvent donc débuter au Sénat, et un accord n’a jamais semblé aussi proche alors que le financement, principal point de divergence entre républicains et démocrates, ne prévoit désormais plus de hausses d’impôts. Le pragmatisme de la scène politique américaine a encore frappé !
Par ailleurs, les résultats d’entreprises battent leur plein au sortir du deuxième trimestre de l’année. Comme évoqué en introduction, ces résultats traduisent un net rebond d’activité, en particulier sur le secteur très en vogue qu’est la « tech » ! On peut citer par exemple la belle performance de Microsoft qui a réussi à battre les attentes des analystes pour la dixième fois d’affilée, ou encore d’Alphabet (la maison mère de Google), porté par la hausse des dépenses publicitaires aux Etats-Unis (ces dernières ont connu leur plus fort taux de croissance depuis la fin de la 2ème Guerre Mondiale !).

L'EMPIRE DU MILIEU DÉFRAYE LA CHRONIQUE

En Chine, le pouvoir central a pris nombre d’investisseurs de court en annonçant l’interdiction du soutien scolaire à but lucratif. Les entreprises concernées de tutorat extrascolaire sont devenues du jour au lendemain… des associations à but non lucratif ! Alors que ces dernières pesaient près de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière (et ont particulièrement profité de la période Covid-19 et des confinements pour voir leur activité grimper en flèche) avant l’annonce, certaines valeurs telles que New Oriental Education ont vu leurs cours s’effondrer de près de 50% en une journée. L’objectif du PCC à travers ces annonces est de reprendre la main sur l’éducation périscolaire afin de promouvoir des solutions encadrées par le parti et de garder la main sur les coûts de l’éducation pour les ménages. La gestion de la charge de travail des écoliers est également un souci majeur, puisque la pression concurrentielle pousse certains écoliers à travailler de 8h à 23h, 6 jours sur 7 ! Une stratégie qui s’inscrit finalement dans une volonté de longue date d’améliorer le système éducatif, d’optimiser le pouvoir d’achat des ménages et à plus long terme de favoriser la montée en puissance de la consommation dans le PIB chinois. Rappelons que ce type de décision issue du pouvoir central peut surprendre l’observateur occidental, mais s’inscrit bien dans une dynamique qui a pour principal objectif le maintien de la stabilité sociale. Le PCC ne répond en effet pas à un calendrier politique de court terme tel que nous les connaissons en Europe ou aux Etats-Unis, et peut ainsi se permettre de prendre certaines décisions radicales aux conséquences perçues comme contestables à court terme, mais qui s’inscrivent dans une vision à long terme.
Après l’épisode de stress boursier qui a suivi ces annonces, le vert est revenu en cette fin de semaine sur les principaux marchés actions chinois. Les autorités, passé le coup de semonce, ont rapidement tenté de calmer le jeu. Ainsi, la « China Regulatory Commission » a réuni les dirigeants des principales banques du pays pour rassurer les observateurs sur ses intentions. La presse a quant à elle publié une série d’articles destinés à convaincre les investisseurs de l’attractivité des marchés chinois, rappelant la volonté du pouvoir d’attirer les capitaux internationaux (ouverture des « A Shares » et volonté de crédibiliser sa devise comme une référence asiatique et mondiale). Un message visiblement entendu par les investisseurs…

LA BCE SE VEUT RASSURANTE, LES PMI TIENNENT BON

Du côté de la macro… La BCE a rassuré jeudi dernier son auditoire en rappelant sa volonté de maintenir sa béquille monétaire. En d’autres termes, la Banque centrale s’inspire de la Fed en attendant que l’inflation s’installe de manière durable au-dessus de 2%. En Allemagne, les indicateurs économiques tels que le PMI surprennent favorablement les attentes des économistes, notamment dans les services (le PMI passe de 57,5 à 62,2, alors qu’il était attendu à 59,4). La France a vu ses indicateurs en léger retrait sur la même période (les PMI des services passent de 57,8 à 57 en juin, les PMI manufacturiers passent de 59,1 à 58), mais ces derniers restent toujours favorablement orientés bien au-dessus du seuil des 50 points. Pour finir, les PMI américains, attendus à 62 pour le manufacturier et à 64,6 pour les services, s'établissent respectivement à 63,1 et 59,8. On a donc une baisse assez prononcée du PMI des services, qui s'établissait à 64,6 le mois dernier. L’actualité anxiogène autour du variant Delta et d’une nouvelle vague de contamination fait office de pavé dans la mare alors que les campagnes de vaccinations avaient sensiblement boosté la reprise en début d’année 2021. La tendance de long terme reste cependant solide, et les indicateurs se montrent malgré tout plutôt résilients dans ce contexte.