Witam M l'inFO - L'actualité hebdomadaire en 1 clic

01/10/2021
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Récapitulatif de la journée du 30 septembre 2021

 

APRÈS LA CHINE…PLACE À L'INFLATION !

Si le cas Evergrande a monopolisé l’attention des investisseurs pendant quelques séances, la thématique de la semaine prend de nouveau place en Occident ! Les présidents de la Fed comme de la BCE ont ainsi fait part d’une certaine frustration face au retour en force des craintes inflationnistes. Tous deux ont évidemment insisté sur leur volonté de rester attentifs… Le contraire aurait, il est vrai, été légèrement inquiétant ! Comment analyser ce regain d’aversion au risque dans les salles de marché ? D’un angle purement économique, l’enjeu reste de surveiller comme le lait sur le feu la mise en place d’une spirale inflationniste (prix et salaires) susceptible de menacer à terme les marges des entreprises. Les tensions salariales concernent pour le moment davantage des secteurs spécifiques tels que la restauration, l’hôtellerie ou la distribution. Comme le souligne l’économiste Pierre Sabatier, l’inflation de « second tour » est pour le moment absente… puisque retraitée de l’inflation, la tendance est davantage à une déflation salariale. Pour le moment, nous assistons davantage à un choc de l’offre qu’à une spirale inflationniste classique. L’envolée des prix de l’énergie, notamment en zone euro, illustre à merveille le phénomène. Toutes choses égales par ailleurs, une normalisation de l’offre pourrait permettre une accalmie d’ici mi-2022 à 2023… Scénario que continuent d’ailleurs de partager les banquiers centraux.
Sous l’angle plus spécifique des marchés financiers, les craintes portent davantage sur les conséquences indirectes potentielles de l’inflation, à savoir un durcissement monétaire contraint pour enrayer le phénomène. Cette crainte semble pour le moment prématurée pour différentes raisons. Nous assistons au phénomène inversé de 2016, au cours duquel la chute des cours du pétrole produisait finalement les mêmes effets… qu’un plan de relance. Les envolées des prix des matières premières produisent les mêmes effets qu’une taxe sur les agents économiques de l’Occident (ménages comme entreprises). Un effet plus récessionniste qu’autre chose, et qui ne plaide donc pas pour une accélération de la normalisation monétaire ! Surtout, un relèvement des taux serait probablement inefficace face au choc de l’offre que nous évoquions précédemment. La semaine passée, le président de la Fed Jerome Powell a rappelé que les conditions n’étaient toujours pas réunies pour un relèvement des taux directeurs… En d’autres termes, la Banque centrale ne considère pas ses objectifs en matière d’inflation ou d’emploi comme atteints à ce jour (condition fixée depuis plusieurs mois à tout relèvement des taux directeurs), et ce alors que le calendrier du « tapering » est déjà fixé. La prudence des banquiers centraux devrait rester de mise de part et d’autre de l’Atlantique…

LE COMPTE À REBOURS EST LANCÉ !

Adeptes des scénarii hollywoodiens à l’heure de se mettre d’accord sur le plafond de la dette, les responsables politiques américains restent, cette année encore, fidèles à la tradition. Alors que ce jour marque la fin de l’année fiscale, une loi budgétaire ou une prolongation (« stopgap funding ») doit être validée d’ici ce soir… sous peine de recourir au tant redouté « Shutdown », soit la fermeture des services non essentiels de l’Etat dès demain ! Dans ce scénario en apparence apocalyptique mais qui a tout de l’arlésienne (depuis 1976, les Etats-Unis ont connu 21 phases de « shutdown »… mais sans jamais faire défaut sur leur dette !), des centaines de milliers d’employés se retrouveraient donc au chômage technique. Après un premier échec en début de semaine, les démocrates se sont scindés en deux camps, et un vote doit avoir lieu au Sénat pour une prolongation du budget… jusqu’au 3 décembre. Selon Janet Yellen, qui n’a pas forcément aidé son camp dans les négociations, le non-relèvement du plafond de la dette d’ici le 18 octobre pourrait cette fois entraîner… un défaut sur la dette de l’Oncle Sam ! Evidemment, l’occasion est belle pour les républicains de peser dans les négociations avant l’échéance des élections de mi-mandat. Aucun camp n’a toutefois intérêt à porter la responsabilité d’un défaut… Le plus probable reste donc que progressistes et centristes du parti démocrate parviennent à un accord à la dernière minute (via la procédure de réconciliation ?). Pour ce faire, il faudra également parvenir à un accord sur le plan de relance… alors que les points d’achoppement sur le financement et surtout l’ampleur du plan restent nombreux. A suivre !

LA CHINE GARDE LE CONTRÔLE DE LA CRISE « EVERGRANDE »

Dans notre billet publié la semaine dernière, nous avons analysé la situation sur la faillite du géant de l’immobilier chinois « Evergrande ». Aux dernières nouvelles, le groupe immobilier n’a pas réussi à honorer en totalité une de ses nombreuses échéances hier… et a dû céder des participations dans une société de gestion d’actifs pour 1,5 milliards de dollars ! Les déboires semblent se poursuivre pour ce groupe dont la dette s’élève à ce jour à près de 300 milliards de dollars… sans pour autant bénéficier d’aides de la part des dirigeants chinois bien décidés à faire de cette crise un exemple. Ce n’est pas pour autant que la PBOC (la Banque centrale de l’Empire du Milieu) est restée les bras croisés… cette dernière ayant injecté des liquidités de façon massive afin de préserver les marchés de taux. Grâce aux 750 milliards de renminbis (116 milliards de dollars) injectés sur les marchés depuis le 17 septembre, les tensions du marché obligataire chinois se sont ainsi cantonnées aux obligations les plus risquées. Les marchés actions se sont quant à eux stabilisés. Avec une capacité d’intervention encore considérable, le risque de contagion au système financier international reste donc peu probable tant que les autorités chinoises resteront à la manœuvre.