Witam M l'inFO - L'actualité hebdomadaire en 1 clic

06/01/2022
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Récapitulatif de la semaine 1

 

« FIGHT » THE FED ? 

Pertes de contrôle de l’inflation par les banques centrales, ralentissement de la croissance chinoise, reprise épidémique… Un article des Echos a suscité la curiosité des investisseurs en ce début d’année ! Après une année boursière 2021 très favorable à la majorité des actifs risqués (actions émergentes exceptées), l’investisseur est, il est vrai, plus enclin à s’intéresser aux « dix sujets qui pourraient faire dérailler les marchés en 2022 ». Un exercice finalement aussi traditionnel que la galette des rois en cette période, mais qui trouve toujours plus « d’échos » lorsque les marchés de référence (S&P 500, CAC 40, etc.)… sont au plus haut ! Difficile d’ailleurs de nier la réalité de certains risques évoqués dans l’article tant ceux-ci se taillent une part importante des préoccupations identifiées par les opérateurs depuis maintenant plusieurs semaines. Difficile également de ne pas retenir avant tout le risque majeur évoqué par l’article… à savoir l’inflation ! Un risque qui semblait appartenir au passé encore il y a peu… mais qui constitue désormais le « scénario noir » susceptible de faire « trembler » les investisseurs. Bien sûr, ces mêmes investisseurs devront, cette année plus encore, surveiller les signaux de spirale inflationniste (comprendre : relance de la boucle prix – salaire) à l’heure de construire ou d’ajuster leurs allocations. Notons toutefois que les banques centrales semblent avoir pris la mesure du problème en accélérant, notamment aux Etats-Unis, leurs sorties progressives de soutiens monétaires massifs. Des annonces nécessaires pour restaurer une crédibilité entamée par la divergence entre les trajectoires de croissance et d’inflation… et la réalité des chiffres. Faut-il pour autant se préparer à une accélération massive de la hausse des taux ? Sauf scénario noir évoqué précédemment (perte de contrôle), il est important de noter que l’inflation devrait progressivement refluer tout au long de l’année 2022 et soulager les banques centrales. En effet, nombre d’agents économiques (Etats, ménages ou entreprises) ne peuvent encaisser les conséquences d’une remontée des taux trop importante (particulièrement en zone euro). La priorité des banques centrales restera de poursuivre leur normalisation sans freiner plus que de raison la reprise économique, au demeurant toujours solide.

TENCENT, ALIBABA… LES DERNIERS SERONT-ILS LES PREMIERS ?

Nul n’a pu échapper à l’« annus horribilis » vécue par les marchés émergents, mastodontes technologiques de l’Empire du Milieu en tête. L’indice MSCI China, qui fait notamment la part belle aux Alibaba et autre Tencent, a ainsi subi un recul de près de 40% depuis ses plus hauts de 2021. Au-delà de l’impact réglementaire, le ralentissement de la croissance chinoise a constitué l’un des principaux risques identifiés par les intervenants ces derniers mois. Le risque chinois est-il pour autant réellement limité aux indices de l’Empire du Milieu ? Comme souligné par l’article des Echos que nous évoquions en préambule, certains secteurs des marchés actions allemands ou français (champions du luxe, industrie automobile) ont été massivement achetés par les investisseurs ces derniers mois pour jouer la reprise économique globale post Covid-19. Des secteurs qui restent très exposés à la croissance chinoise. Pendant ce temps, le MSCI China a par exemple sous-performé le MSCI AC World de près de 40% (-22,4% vs +16,8%). Le risque majeur réside dans la stratégie « zéro Covid » déployée par Pékin. Comme le souligne l’économiste Jean-Pierre Petit, sans une accélération de la pandémie, la croissance de l’Empire du Milieu pourrait avoisiner les 5% au T4 2021 et au T1 2022. Après avoir connu un ajustement marqué de leurs valorisations au cours des derniers mois, le potentiel de bénéfice par action reste orienté à la hausse pour l’investisseur long terme. Surtout, le rendement / risque semble finalement plus attractif sur ces marchés que sur certains secteurs occidentaux exposés partiellement au même risque. Subissant les craintes de ralentissement de l’économie chinoise (mais également les coups de semonces réglementaires), Alibaba continue pour autant d’augmenter son chiffre d’affaires de 30% en glissement annuel. Alors que les poids lourds technologiques américains se traitent toujours proches de leur plus haut, Alibaba se négocie quant à lui… 60% en dessous de ses anciens sommets historiques ! A suivre…
 

LA RÉSILIENCE DE L'ACTIVITÉ CHINOISE

Surveillés comme le lait sur le feu par les observateurs, les indices d’activité du mois de décembre en Chine ont plutôt rassuré cette semaine… et confirmé les chiffres officiels de la semaine passée. En dépit de la stratégie « zéro Covid » (les autorités ont ainsi continué d’imposer des confinements stricts dès lors qu’elles découvrent un foyer épidémique comme dans la province de Henan) que nous évoquions précédemment, les indices PMI Caixin témoignent d’une économie résiliente aux différents facteurs de stress (reprise épidémique, contraintes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et crise immobilière). Le rebond des nouvelles commandes et l’accalmie des pressions inflationnistes ont ainsi permis aux indices PMI manufacturier et service d’accélérer par rapport aux données du mois de novembre. Par la voix de Han Wenxiu, vice-ministre des Affaires économiques et financières, les autorités ont par ailleurs rappelé leur volonté de contrecarrer les effets négatifs des restrictions sanitaires sur la croissance. Une dynamique monétaire et budgétaire bien différente de celle que nous observons en Occident pourrait donc bien voir le jour ces prochains mois, avec la mise en place de plans de soutien ciblés vers l’activité économique.

 

Sources : WiseAM, Les Echos, La Tribune, Boursorama, LinkedIn, Seeking Alpha, BFM Bourse, L’Indépendant, Bloomberg
Crédits images : Gettyimages
Achevé de rédiger le 06/01/2022