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13/01/2022
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Récapitulatif de la semaine 2

 

CONNAISSEZ-VOUS LE RCEP ?

Si l’impact de la crise sanitaire a souvent donné lieu à des anticipations de « démondialisation » (relocalisation des chaînes de production, ralentissement des échanges mondiaux), certains signaux contraires persistent ! Après une forte hausse en 2021 sur fond de reprise cyclique mondiale, la demande de produits chinois pourrait ainsi bénéficier d’un soutien supplémentaire : la signature du « Partenariat économique régional global » démarré en janvier pour 10 signataires. Cet accord pour le moins ambitieux promet de supprimer 90% des tarifs douaniers entre les membres signataires sur les vingt prochaines années. Moins commenté par la presse spécialisée que la guerre commerciale sino-américaine, le RCEP signé en novembre dernier couvrira ainsi à terme 15 économies de la région Asie-Pacifique dont le Japon et la Corée du Sud… soit tout de même 2.3 milliards d’habitants et 30% du PIB mondial ! L’Empire du Milieu, dont les exportations restent un pilier majeur de sa croissance, ressort comme l’un des principaux gagnants de cet accord. Selon Bloomberg Economics, les droits de douane totaux économisés par la Chine une fois les réductions tarifaires effectives pourraient s’élever à 4.4 milliards de dollars… puis 10 après l’entrée des derniers adhérents. Il s’agit d’un élément clairement positif à long terme pour l’Empire du Milieu. Les perspectives pour 2022 semblent en ce sens prometteuses : la reprise mondiale devrait se poursuivre, mais à un rythme plus lent que le rebond initial de 2021. Le potentiel à long terme de l’accord est plus important (les réductions de tarifs devraient mettre du temps à être effectives), avec la perspective d’un renforcement des investissements interrégionaux et de l’intégration des chaînes d’approvisionnement… A suivre !

L'HOMME QUI MURMURAIT À L'OREILLE DES MARCHÉS

Après un début d’année bien nerveux, les investisseurs ont pu compter cette semaine sur Jerome Powell pour relancer la machine. Malgré cette embellie, la nervosité reste de mise… Bien sûr, la priorité de la Fed reste désormais de lutter contre l’inflation. Les investisseurs craignaient tout de même une tonalité plus offensive… Le président de la Fed continue finalement de donner l’impression que le mandat de la Fed tient également compte de la bonne tenue des marchés actions : une intention que les investisseurs ne pouvaient que saluer ! Notons par ailleurs que le président de la Banque centrale américaine a affiché une certaine confiance quant à la capacité de la Fed à normaliser sans pour autant menacer la vigueur de l’économie américaine. Aussi, la rechute prochaine de la toujours vigoureuse inflation reste le scénario privilégié. Aussitôt le discours digéré, les investisseurs se sont ensuite tournés vers la publication qui suivait, à savoir le prochain indicateur clé pour la Banque centrale : la publication de l’indicateur CPI de décembre…
7% de hausse des prix en glissement annuel… La décrue constatée en Chine (cf ci-dessous) ne concerne pour l’instant pas nos amis américains. Bien sûr, les perturbations des chaînes de production pèsent toujours autant, et les entreprises continuent de rencontrer des difficultés à s’approvisionner. Selon le Beige Book de la Fed, des signaux positifs émergent tout de même, et les augmentations tarifaires devraient progressivement se tarir. Notons toutefois que l’inflation liée au logement reste l’élément le plus susceptible de menacer la consommation américaine… alors même que les entreprises subissent dans le même temps une forte augmentation des coûts salariaux. Ces éléments devraient ainsi continuer de compliquer le numéro d’équilibriste de la Fed. Les investisseurs ont accueilli avec un flegme certain ces chiffres de l’inflation américaine, probablement rassurés par les discours des banquiers centraux. Pour Loretta Mester (Fed de Cleveland), il est ainsi important de démarrer une réduction de la taille du bilan… sans que cela se fasse à un rythme susceptible de perturber les marchés financiers ! A l’évidence, les dernières communications de cette semaine tendent vers ce double objectif…
 

A CHACUN SA DYNAMIQUE INFLATIONNISTE…

Pendant ce temps, le recul du rythme de hausse de l’indice des prix à la production en Chine s’est confirmé en décembre. Contrairement à son homologue américaine, la Banque centrale chinoise peut donc dormir tranquille… Forte d’une marge de manœuvre bien supérieure, elle peut en effet s’appuyer sur les dernières données d’inflation : la hausse des prix à la production s’est ralentie pour le deuxième mois consécutif, tandis que la hausse des prix à la consommation est repassée sous les 2%. L’inflation ne devrait donc pas menacer la marge de la Banque populaire de Chine en 2022 ! A l’évidence, les mesures des autorités prises pour endiguer la pression inflationniste et les problématiques d’approvisionnement et d’énergie portent leurs fruits. Puisse, à l’instar de la reprise économique post-Covid, les données chinoises annoncer la dynamique future de l’Occident !

 

Sources : WiseAM, L’Exportateur, La Tribune, RTBF, RFI
Crédits images : Gettyimages
Achevé de rédiger le 13/01/2022