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19/05/2022
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Récapitulatif de la semaine 20

 

TARGET MET LE FEU AUX POUDRES…

Alors que la publication des ventes au détail était venue précédemment rassurer quant à la santé du consommateur US, la publication des résultats du géant de la distribution Target a, quant à elle, jeté un coup de froid dans les salles de marché. Surtout, la communication qui accompagna les résultats a nourri une intense vague d’aversion au risque sur la séance du 19 mai. Rappelons que Walmart (7 fois plus gros que Carrefour) avait, la veille, livré aux investisseurs un message dans la même veine, quoique bien moins anxiogène : les distributeurs se trouvent en première ligne d’un environnement économique qui ralentit. Envolée des coûts liés au transport, à la main d’œuvre et aux produits et capacité limitée à répercuter les hausses sur les prix… Le secteur du « retail », d’ordinaire qualifié de « défensif », ne semble en effet pas le plus armé pour faire face aux défis actuels. Target envisage ainsi des coûts additionnels liés à l'inflation d'un milliard de dollars cette année, notamment dans le transport. Le PDG du groupe Brian Cornell n’a pas caché son désarroi face à la situation actuelle, soulignant que le groupe "n'avait jamais attendu le genre d'augmentation des coûts dans le fret et le transport qu’il observe actuellement". Le secteur de la distribution de produits de consommation de base a subi lors de cette séance les foudres des investisseurs… comme un témoin qu’en cette année 2022, la réalité d’un jour n’est pas nécessairement celle du lendemain. Les valeurs du secteur affichaient ainsi jusqu’à la séance du 18 mai une surperformance notable à la faveur de leur biais « défensif ».
Passée cette panique boursière généralisée, ces dernières données pourraient selon nous redonner de l’attractivité relative à certaines valeurs typées « croissance », notamment lorsque celles-ci disposent de « pricing power » et se trouvent moins pénalisées par la remontée des coûts (notamment des matières premières). Heureusement pour la santé globale de l’économie outre-Atlantique, des facteurs de soutien perdurent : les revenus des ménages restent ainsi largement soutenus par la configuration du marché du travail. L’enjeu de la normalisation monétaire reste par ailleurs le même : ne pas pénaliser trop nettement la croissance économique.
 

« REPOWER EU ! »

Les nouvelles ne sont finalement pas mauvaises pour tout le monde… S’il y a bien un secteur qui semble profiter d’un contexte favorable, c’est celui de la transition énergétique. Dans la lignée des derniers mois, les responsables politiques de l’Euroland ont une nouvelle fois fait preuve d’une volonté sans faille d’accélérer le processus en publiant via la Commission Européenne le nouveau plan d’investissement en faveur de l’indépendance énergétique… pour 210 MM€ à horizon 2027. Les actifs liés à la transition énergétique ont bénéficié ces dernières séances d’un fort regain d’intérêt des investisseurs… L'Union Européenne compte en effet mobiliser jusqu'à 300 milliards d'euros d'investissements d'ici 2030 afin de supprimer sa dépendance envers le pétrole et le gaz russes, dont 210 milliards avant 2027, a ainsi déclaré mercredi la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen. Toujours selon la présidente, les investissements comprendront 86 milliards d'euros pour les énergies renouvelables, 27 milliards pour l'hydrogène, 29 milliards pour les réseaux électriques et 56 milliards pour les économies d'énergie et les pompes à chaleur… La Commission a, pour ce faire, rendu publique une stratégie en trois volets appelée « RePower EU ». Au programme : diversification des fournisseurs, déploiement plus rapide des énergies renouvelables et intensification des efforts pour économiser l'énergie.
Il faut dire que la stratégie d’isolement de Moscou via les sanctions économiques reste au cœur de la volonté européenne (comme le rappelait ce week-end le Commissaire au Marché Intérieur Thierry Breton) et renforce, en ce sens, la nécessité de trouver rapidement des alternatives. Celui-ci a ainsi plaidé pour des achats groupés en matière énergétique… Une tactique qui n’est pas sans rappeler celle des vaccins... La question d’un embargo sur le pétrole russe continue toujours autant de faire débat… Quelle que soit l’issue de cet éventuel embargo, les prix de l’énergie devraient continuer d’évoluer sur des standards élevés, renforçant l’attractivité relative des énergies renouvelables… et justifiant surtout la poursuite d’investissements massifs sur ce segment.
 

 

Sources : WiseAM, Boursorama, Les Echos Investir, Les Echos, Option Finance, 20 Minutes, European Commission, Capital
Crédits images : Gettyimages
Achevé de rédiger le 19/05/2022