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07/07/2022
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Récapitulatif de la semaine 27

 

TENSIONS À FRANCFORT

Comme un symbole des difficultés rencontrées dans l’Euroland, la monnaie unique a franchi cette semaine à la baisse le seuil des 1,04 dollars pour 1 euro… pour inscrire un plus bas de 20 ans à 1,0160. Le renforcement des craintes récessionniste de part et d’autre de l’Atlantique et l’aspect « valeur refuge » du dollar américain expliquent en grande partie ce nouvel accès de faiblesse de l’euro. Surtout, le Vieux Continent reste le plus négativement exposé aux tensions énergétiques. L’Allemagne a ainsi annoncé pour la première fois depuis 1991 avoir subi sur le mois de mai un déficit commercial, sous l’effet du renchérissement de ses importations énergétiques. C’est dans ce contexte toujours explosif que la Banque Centrale Européenne doit assurer les investisseurs de sa crédibilité dans la lutte contre l’inflation. Tout sauf une sinécure, tant le durcissement monétaire semble peu susceptible de calmer l’envolée des prix de l’énergie. Logiquement, les désaccords semblent importants au sein du conseil des gouverneurs… Alors qu’un consensus avait émergé en juin quant au démarrage de la hausse des taux directeurs en juillet et septembre, les membres représentant les pays périphériques s’inquiètent déjà des conséquences de ce durcissement sur le financement des politiques publiques. Les contours de l’outil destiné à lutter contre le risque de fragmentation reste attendu avec une certaine fébrilité par les observateurs… Nul doute que la réunion du 21 juillet sera suivie avec attention dans les salles de marché. En cas de proposition solide, la monnaie unique pourrait retrouver quelques couleurs… Problème finalement habituel pour la zone : les gouverneurs des pays frugaux n’entendent pas forcément faire preuve de solidarité envers les pays du Sud. Le gouverneur de la Bundesbank J. Nagel a ainsi fait part d’un certain scepticisme quant à l’efficacité d’une telle mesure… L’équation de Christine Lagarde semble toujours aussi complexe, et le consensus s’annonce aussi difficile à trouver que nécessaire. Dans une semaine toujours très volatile sur les principales places boursières, les investisseurs européens ont donc continué de profiter de l’effet change qui a vu l’euro s’affaiblir face aux principales autres devises. L’indice dollar, qui reste une des classes d’actifs les plus performantes depuis le début de l’année (+12%), continue sur son rythme de croisière et évolue désormais sur un point haut depuis 2006. Plus surprenant au premier abord, il parvient autant à tirer son épingle du jeu lors des séances de forte aversion au risque que dans celles plus propices à la reprise de risque par les opérateurs…. Signe que les investisseurs restent plus confiants dans la capacité de la Fed à opérer un resserrement monétaire plus marqué. A suivre…
 

« WINTER IS COMING »

Puisque la politique monétaire ne pourra suffire à contrecarrer l’envolée des prix énergétiques, les interventions étatiques continuent de se multiplier pour « aider » les fournisseurs à ne pas répercuter totalement cette envolée sur la facture des agents économiques (ménages ou entreprises). Dernière en date : le gouvernement français à annoncer sa volonté de procéder à la nationalisation d’EDF (il en détenait déjà 84%...). La situation devenait il est vrai intenable pour la société du fait de la mise à l’arrêt d’une partie non négligeable de son parc nucléaire (problème de corrosion). La stratégie est claire : à court terme, sécuriser l’approvisionnement énergétique en amont d’une saison hivernale de tous les dangers… A plus long terme, cette manœuvre pourrait permettre à l’état français d’intensifier les investissements dans le nucléaire et viser l’indépendance énergétique. Une aventure boursière qui restera un bien mauvais souvenir pour les co-actionnaires de l’état français, puisque le cours d’EDF n’a cessé de se déprécier depuis l’introduction en Bourse de 2005, chutant de près de 90 euros en 2008 à moins de 8 euros… Le coût de cette manœuvre hautement stratégique dans le contexte actuel pourrait avoisiner les 7 milliards d’euros.
Pendant ce temps, les rumeurs se multiplient quant à un possible soutien outre-Rhin au producteur Uniper…. Avec l’arrêt prévu le 11 juillet du pipeline Nord Stream, L’Allemagne se prépare il est vrai à des risques de pénuries d’approvisionnement en gaz en provenance de Russie. Le gouvernement a même appelé les ménages à procéder à des économies d’énergie en prévision de l’hiver. Au niveau local, es autorités d’Hambourg vont jusqu’à évoquer des mesures de rationnement de l’eau chaude… Aussi surprenant que cela puisse paraitre, les eurodéputés ont de leur côté voté (contre l’avis des commissions de l’environnement et des affaires économiques du Parlement européen) l'inclusion du gaz et du nucléaire au sein de la taxonomie. En clair, ces deux énergies appartiennent désormais à la si convoitée liste des… énergies vertes ! Elles pourront donc bénéficier (jusqu’à 2030 dans le cas du gaz et en alternative au charbon) des investissements massifs prévus pour opérer la transition énergétique du vieux continent. 
 

 

Sources : Ouest-France, France TV Info, TF1Info, Les Echos, Le Point, Investir, 20 Minutes, Zone Bourse, TV5 Monde, Eco-Act.com
Crédits images : Gettyimages
Achevé de rédiger le 07/07/2022